Le festival Mesnographies revient avec une 6ᵉ édition où l’événement affirme ses engagements et évoque l’inceste, en partenariat avec la Fondation Kintsugi, née d’une urgence : celle de protéger les enfants victimes de violences sexuelles, et de combattre la pédocriminalité sous toutes ses formes.

Claire Pathé, membre de la direction artistique du collectif Fetart depuis 2016 et mère de quatre enfants, a fait le choix d’un focus sur l’inceste nommé Je te crois. Cette thématique a réuni 7 photographes sélectionnés – sur 70 candidatures, preuves s’il en faut de « l’urgence et de la nécessité de briser le silence autour de ces violences cachées » – lors d’un appel à candidatures.
Ces projets – sujet dur mais ô combien nécessaire – sont accompagnés de onze autres travaux photographiques sans thématique, fruit « des rencontres et des recherches de la direction artistique tout au long de l’année ». L’ensemble invite le public à explorer l’intime par des chemins variés, profondément humains ; « ces chemins sont tantôt heurtés, troublants, drôles ou absurdes ».

« Je te crois »
Cette intimité est l’occasion d’un voyage intérieur, ainsi qu’à travers le monde, de « l’Ukraine à l’Australie, en passant par le Soudan et l’Italie », dans une interrogation sur notre rapport à la mémoire, à la jeunesse, à la joie et à la souffrance, « révélant des fragments de vie à la fois banals et extraordinaires ».
Le festival de préciser dans un communiqué que certains opposent à la violence du monde un sourire, une pointe d’ironie, un pied de nez à la mort. « D’autres sondent des blessures anciennes en mettant dans leurs images toute l’épaisseur d’un mal-être ancien : abandon, colonialisme, guerre et exil ».


De l’intime au global
Le jardin n’est pas clos, réunit d’autres œuvres, le festival accordant aussi une large place au réchauffement climatique, à l’Anthropocène, à notre « planète en crise : les feux qui dévorent, l’eau qui manque ou qui soudain déborde, les traces visibles [de ce] réchauffement ». Cette exposition dans l’exposition est présentée depuis 5 ans dans le parc des Mesnuls et dans les villages alentour sous forme de hors-les-murs.
Ce thème, plus global, en amène un autre, lié. Proposé par les lycéens du lycée Jean Monnet et en écho avec l’actualité mondiale, la thématique de l’immigration sera explorée lors des ateliers photo dirigés par Claire Pathé au cours de l’année scolaire. Organisé tous les weekends à partir du samedi 13 juin, le public pourra se faire photographier seul, en famille, entre amis, avec un costume ou une tenue traditionnelle pour un résultat en noir et blanc ou en couleur.
Cette 6ᵉ édition des Mesnographies prendra place du 6 juin au 19 juillet 2026 aux Mesnuls dans les Yvelines.
