Paris Photo 2025 : le Grand Palais redevient l’épicentre mondial de la photographie

Du 13 au 16 novembre, Paris Photo investit à nouveau le Grand Palais avec 222 exposants venus de 33 pays, dont 60 nouveaux participants. Entre figures historiques et pratiques contemporaines, cette 28ᵉ édition confirme son statut de plateforme incontournable pour découvrir les enjeux de l’image, de l’ère analogique à l’ère digitale. Une foire où se croisent les regards, les époques et les continents.

Cette année, Paris Photo repousse les limites de la photographie, transformant le Grand Palais en un territoire d’expérimentations visuelles. Les cinq secteurs de la foire – Principal, Voices, Digital, Émergence et Éditions – offrent un parcours où l’histoire dialogue avec l’innovation, et où chaque œuvre, qu’elle soit classique ou avant-gardiste, interroge notre rapport au monde.

Le secteur Principal reste le cœur battant de l’événement, avec des galeries de renom comme Pace (New York), Stevenson (Le Cap) ou Taka Ishii (Tokyo), qui présentent des pièces majeures, des tirages historiques aux créations contemporaines. Mais c’est sans doute Prismes qui capte l’attention, avec des installations monumentales signées Sophie Ristelhueber (prix Hasselblad 2025) ou Marisa González, dont la série Thermofax (1975-1977), exposée pour la première fois en France, réinvente les frontières entre photographie et reproduction.

Parmi les nouvelles participations, on note la présence de Rinko Kawauchi (Echo 119, Paris), dont le travail poétique et contemplatif sur la vie quotidienne et la lumière a marqué les esprits. Son approche unique, où chaque détail devient une célébration de l’instant, en fait une figure majeure de la photographie japonaise contemporaine. Une occasion de redécouvrir son univers, entre fragilité et émerveillement, après son exposition récente à la Fondation Cartier-Bresson.

L’innovation est aussi au rendez-vous avec le secteur Digital, où Nina Roehrs rassemble des œuvres qui défient les codes traditionnels de l’image. Entre intelligence artificielle, archives réinterprétées et réalités hybrides, des galeries comme Heft (New York) ou Düsseldorf & Photography montrent comment la photographie s’adapte à l’ère numérique, tout en questionnant sa propre matérialité.

Les livres et les éditeurs, avec 43 exposants et 400 séances de signatures, confirment leur place centrale. Le programme Book Talks, en partenariat avec Printed Matter, offre un espace de réflexion sur l’évolution du livre photo, entre objet d’art et outil de diffusion. Des maisons comme MACK (Londres) ou RVB Books (Paris) y côtoient de nouveaux acteurs, comme Witty Books (Turin) ou Hemeria (Paris), prouvant que l’édition reste un levier essentiel pour la création.

Enfin, Paris Photo 2025 réaffirme son engagement éco-responsable, avec des cloisons en bois réemployées, un éclairage 100 % LED et une réduction drastique des déchets, dans le cadre de la stratégie de neutralité carbone d’ici 2040 portée par RX France.

Elles x Paris Photo : les femmes artistes au cœur d’une révolution visuelle

Si Paris Photo a toujours été un miroir des évolutions de la photographie, son engagement en faveur de la parité et de la diversité en fait aussi un acteur clé des transformations sociétales. Depuis 2018, le parcours Elles x Paris Photo, soutenu par le Ministère de la Culture, a permis de faire passer la représentation des femmes artistes de 20 % à 39 % en sept ans. Pour cette édition, la curatrice Devrim Bayar explore les liens complexes entre la figure féminine et le décor, à travers des œuvres où le corps s’efface, se révèle ou se réinvente.

Parmi les artistes mises à l’honneur, Hélène Amouzou et Zanele Muholi (Carole Kvasnevski, Paris) questionnent l’identité et la visibilité à travers des autoportraits puissants, tandis que Ming Smith (M77, Milan), pionnière afro-américaine, capture l’énergie des marges new-yorkaises des années 1970. Carmen Winant (MACK, Londres) déconstruit les stéréotypes de genre avec ses collages, et Sabiha Çimen (LOOCK, Berlin) immortalise les femmes des hammams turcs, lieux de résistance et de sororité.

Au-delà de la foire, Elles x Paris Photo s’étend toute l’année via des entretiens, publications et résidences, créant un réseau durable pour les artistes. Un engagement qui résonne avec d’autres initiatives, comme le Prix de la Maison Ruinart, remis cette année à Marine Lanier, ou la Carte Blanche étudiants, qui met en lumière quatre jeunes talents, dont Kim-Camille Kreuz et ses images oniriques sur la mémoire et l’exil.

Infos pratiques

Du 13 au 16 novembre 2025 au Grand Palais, Paris. Tarifs : 35 € (semaine), 40 € (week-end), 26 € (étudiants et soirées). Programme complet sur parisphoto.com.

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